ENTRE AGRESSION ET SEDUCTION, LORSQUE LE TEXTE DEVIENT UNE DANSEÀ partir de quatre perspectives complémentaires, histoire littéraire, analyse de la langue, étude culturelle et poétique, se dessinent les grands axes d'une recherche francophone postcoloniale issue de théories et d'analyses méconnues en France.
La théorie postcoloniale, devenue le parcours obligé aux États-Unis pour aborder les littératures francophones, elles-mêmes souvent devenues la porte d’entrée unique pour l’étude de la littérature française classique, réclame une meilleure prise en compte de l’histoire, coloniale ou postcoloniale, dans l’approche des textes littéraires issus de ce que Pierre Bourdieu appelle la « périphérie » et leur rapport au « centre ». Cette revendication est assurément justifiée, comme on le montrera. Mais précisément cette prise en compte de l’histoire dans le fonctionnement littéraire réserve des surprises, car le face-à-face n’est pas là où on l’attend, et, de plus, le postmodernisme dans lequel nous vivons actuellement relativise grandement le raisonnement binaire sur lequel repose cette approche, grandement tributaire de l’apport de théoriciens comme Frantz Fanon qui, s’il prenait sens dans les années 1960, est aujourd’hui pour le moins relayé par des réflexions plus récentes. Dès lors cette théorie postcoloniale, si elle réclame à juste titre la prise en compte de l’histoire dans l’approche littéraire, n’en oublie-t-elle pas quelque peu sa propre insertion historique ?
La conférence de Charles Bonn, "Quelle prise en compte de l'histoire par la théorie postcoloniale ?", dans le cadre de l'UTLS, rend compte des travaux de Jean-Marc Moura et revient sur les ouvrages de Mohamed Dib, de Frantz Fanon, de Mouloud Mammeri, de Kateb Yacine et d'Aziz Chouaki pour en tirer une analyse esthétique.
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